Les images qui nous viennent de Paris ce soir font froid dans le dos. Des hélicoptères, des camions de police, des sirènes angoissantes, le couvre-feu et la place de la République fortifiée : voilà tous les signes d’un gouvernement défaillant, aux abois, qui, pour masquer son immense fragilité, transforme l’État tout entier en État policier.
L’épouvantail LFI ne fonctionne plus ; la corde, usée depuis des années, était déjà très apparente ces dernières semaines, quand le gouvernement, pour délégitimer le mouvement lycéen, puis étudiant, a pointé du doigt le mouvement politique de gauche et « sa responsabilité » dans l’instrumentalisation de la colère de la jeunesse française.
Alors les dernières accusations des ministres Lecornu et Nuñez à l’encontre de La France insoumise, l’accusant d’avoir directement entraîné les violences et les pillages depuis le 17 octobre, étaient suffisamment ineptes et grotesques pour que même les journalistes de préfecture des plateaux TV soient bien obligés de relever le ridicule de la situation.
Ce n’est pas LFI qui est au pouvoir depuis dix (trop longues) années, mais bien la macronie. La macronie qui a décidé d’imposer de force la réforme des retraites, elle qui avait déjà réprimé dans le sang et la chair les Gilets jaunes et les militants des Soulèvements de la Terre. Elle encore qui n’a pas tenu compte des pétitions, des élections législatives et autres censures.
C’est donc évident pour tout le monde que la responsabilité de la situation actuelle est d’abord politique, avec les revendications des lycéens et des étudiants en particulier (dix milliards d’euros pour l’abrogation de Parcoursup, recrutement de professeurs, rénovation du bâti scolaire, moins d’élèves par classe, une meilleure organisation des emplois du temps et enfin création de milliers de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur) et des Français en général, qui n’ont eu ces dernières années comme réponse de l’État QUE la répression policière, avec son lot de mains arrachées, de mâchoires fracturées, de dents en moins et d’éborgnements. Mais elle est aussi sécuritaire, avec une doctrine du maintien de l’ordre inefficace et inutilement violente.
La réalité apparaît alors de façon éclatante : la situation dans l’Éducation nationale (mais pas seulement), les mutilations envers les lycéens et les citoyens en général, l’inefficacité dans la protection des commerces et des biens publics et privés, c’est bien la responsabilité du gouvernement. C’est lui et lui seul qui est directement responsable de l’océan de malheur qu’est devenu notre pays. Honte à eux et à leurs odieuses tentatives de diversion.